Ernestine du Marquis de Sade

Publié le par Nastasia

couv42632042

Titre: Ernestine (nouvelle extraite du recueil les Crimes de l’amour)

  

Auteur: Donatien Alphonse François de Sade dit le Marquis de Sade

  

Année de parution: 2009 (pour la présente édition)

 

Editeur : Folio 2€

 

Genre : Classique, nouvelle

 

Nombre de pages : 118

 

Prix : 2€

 

Lieu et époque de l’intrigue: La Suède sous le roi Gustave Vasa

 

Résumé de l’éditeur (quatrième de couverture) :

 

Herman et la noble et fière Ernestine, deux jeunes amoureux, sont aux prises avec des libertins prêts à tout - même au crime - pour assouvir leurs désirs. Le comte Oxtiern, scélérat et débauché, et sa complice, Mme Scholtz, veuve au tempérament enflammé, ne reculent devant aucun mensonge, aucune vilenie. Mais le crime triomphe-t-il toujours ? La pureté peut-elle vaincre le vice ?

 

Mon avis :

 

Sade est un auteur avec qui ma première expérience s’était très mal passée. En effet, j’avais choisi de lire Justine ou les malheurs de la vertu pour découvrir cet auteur dont on m’avait tant parlé. Dire que mon choix fut malheureux est un doux euphémisme, puisque j’ai dû me forcer à finir ce livre dont la lecture m’a donné la nausée et l’envie de vomir par moment tant le degré de sadisme, la violence et le sexe évoqué de façon pornographique m’ont écœurée. Mais comme je n’aime pas rester sur un premier échec et que j’avais beaucoup apprécié le style d’écriture de l’auteur, j’ai voulu retenter ma chance avec cette petite nouvelle et j’ai bien fait.

 

En effet, Sade nous offre ici une nouvelle tout ce qu’il y a de plus sobre en comparaison de Justine ou les malheurs de la vertu, puisque la seule évocation d’ordre sexuelle est une brève allusion à un viol. Donc vous l’aurez compris, ici il n’y a ni sadisme ni pornographie à rendre nauséeux le lecteur. En revanche, Sade laisse ici libre cours à son ingéniosité pour construire un récit où le machiavélisme, la perfidie et la tromperie ont la part belle. Le lecteur est spectateur des malheurs d’Herman et Ernestine trop innocents pour pouvoir éviter tous les pièges qu’on leur tend.

 

-Le cadre du récit :

 

Sade a choisi un cadre spatial pour cette nouvelle assez original pour qu’on le souligne. En effet, ce choix de la Suède m’intrigue beaucoup.

 

-Les messages de l’œuvre :

  • Comme dans Justine ou les malheurs de la vertu, Sade montre ici que c’est le Mal qui l’emporte toujours sur la vertu, en obtenant ce qu’il souhaite par tous les moyens. En revanche là où la pensée de Sade change et semble plus optimiste dans cette nouvelle, c’est que le mal peu obtenir ce qu’il désire mais il ne l’obtient pas en toute impunité, il doit en payé le prix et le cas échéant être puni. La justice triomphe donc dans ce livre, nous offrant une vision bien plus optimiste que celle dans Justine ou les malheurs de la vertu où le Mal l’emporte toujours sans en payer le prix, alors que les malheurs se succèdent tel un cercle vicieux pour celui qui a choisi la voie de la vertu.
  • Sade défend également l’idée que le Mal peut avoir des remords dans cette nouvelle et vouloir se racheter. Encore une fois, on constate que Sade est beaucoup plus optimiste que dans Justine ou les malheurs de la vertu, où les personnes faisant le Mal n’éprouvent aucun remord. Mais j’ai trouvé les remords du comte Oxtiern un peu dur à avaler. Le fait qu’il passe d’un coup du personnage sans scrupule à celui pris de remord ne m’a pas totalement convaincue.
  • Il évoque également l’idée que les prisons sont dans une certaine mesure inutile, puisque ce n’est pas ainsi que les criminels peuvent se racheter et réparer leur faute envers la société. Cette déclaration n’est peut-être pas étrangère aux nombreux séjours en prison de l’auteur.
  • Cette œuvre ne fait pas exception en ce qui concerne les sentiments de Sade envers la religion. Ici comme dans Justine ou les malheurs de la vertu, il la raille.

-Le style :

 

Sade a un style superbe et très agréable à lire, à l’exception de certaines phrases beaucoup trop longues et alambiquées pour le confort de la lecture. Par contre, je n’ai pas compris pourquoi à quarante pages de la fin environ, ils décident de passer pour le dialogue au style théâtral (c’est-à-dire que tout d’un coup on a les noms qui précèdent les paroles des personnages), j’ai trouvé ça bizarre et maladroit. D’autant plus, que par la suite il l’abandonne pour revenir à des dialogues de style non théâtral.

  

-Conclusion :

 

Si comme moi vous avez eu une mauvaise expérience avec Sade ou que vous avez envie de le découvrir, je vous recommande de lire cette nouvelle pas parfaite mais fort agréable à lire tout de même. Cela permet de se faire une bonne idée du style d’écriture de Sade.

Publié dans Classiques

Commenter cet article